Petit tour du Queyras

Généralités

Randonnée en boucle débutant et se terminant à Ville-Vieille que nous avons effectuée du 23 au 30 janvier 2016.

Superbes panoramas, charmants villages, parcours sauvage loin du bruit des villes, gîtes sympathiques, itinéraire sans difficulté excessive. C’est l’une des plus belles randonnées à raquette qu’il m’ait été donné de faire. Il faut avouer que le temps radieux qui nous a accompagnés tout au long de notre périple a contribué à rendre cette randonnée encore plus éblouissante.

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Organisation

Comme nous ne connaissions pas le Queyras en hiver, une fois n’est pas coutume, nous avons choisi de nous en remettre à une agence de trek pour composer l’itinéraire. Certes le prix de la randonnée a été un peu plus élevé, mais cette formule a des avantages indéniables:

  • choix du parcours dans des zones ne présentant pas de danger, se déroulant sur des chemins correctement balisés et dédiés à la pratique de la raquette.
  • prêt d’un DVA (dispositif de détection des victimes d’avalanches) + pelle et sonde avec instructions d’utilisation avant le départ.
  • réservation préalable de tous les hébergements.
  • topoguide, carte IGN TOP25 du secteur et trace pour le GPS.
  • informations logistiques ( moyens d’accès, navettes, taxis, …)
  • assistance en cas de problème.

Agence de trek: Destination Queyras

Choix de la randonnée: Tour des villages du Queyras7J

Attention: Bien qu’annoncée en 7 jours, cette randonnée se fait en réalité en 5 jours. Le premier jour est le jour d’arrivée. En raison de l’enclavement du Queyras, il faut en général la journée pour arriver à Ville-Vieille. Le dernier jour, on rend le matériel après le petit déjeuner.

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Récit

Jour 1: De Ville-Vieille (1410 m) à Souliers (1850 m)

(montée 450 m, descente 150 m)

Départ du gîte de « l’Astragale » par une piste qui longe le Guil et le traverse au Pied de Château-Queyras. S’en suit une belle montée en forêt. Elle n’est pas redoutable, mais une pause un peu longue (ou peut être trop courte) et le manque d’entraînement contribuent à me la rendre épuisante. Les balises un peu trop parcimonieuses et les traces brouillonnes nous conduisent par deux fois à des erreurs qui nous contraignent à sortir le GPS pour revenir dans le droit chemin. Malgré cela vers midi nous atteignons le lac de Roue (1850 m), dont il faut deviner la présence, caché sous une couche de neige. Il fait un temps splendide, presque chaud, et comme il nous reste très peu de distance à couvrir jusqu’à Souliers, notre pique-nique s’éternise. Très belle balade digestive sur une large piste en balcon pour rejoindre Souliers, charmant petit hameau planté dans le flanc de la montagne à 1550 m d’altitude où ne vit à l’année qu’une poignée d’autochtones. Comme l’étape se termine un peu trop tôt, pour ne pas laisser s’échapper le moindre rayon de soleil, nous montons dans le val qui monte aux bergeries jusqu’à ce que l’ombre et le froid nous obligent à regagner le gîte du Grand Rochebrune.

Jour 2: De Souliers (1850 m) à Aiguilles (1505 m)

(montée 250 m, descente 400 m)

Parcours presque intégralement en balcon sur un versant sud baigné de soleil. Il y a peu de neige, de nombreux endroits sont même dégagés. Les raquettes ne sont pas utiles. Après un peu de route goudronnée, un chemin facile monte doucement vers le Rouet, hameau qui ne vit qu’en été, avant de redescendre mollement vers les Meryes. On trouve un banc et une table dans un pré surplombant Ville-Vieille pour pique-niquer et comme aujourd’hui le temps ne presse pas on s’adonne à quelques exercices de recherche d’un des DVA (Detecteur de victimes d’avalanches) prêtés par l’agence que l’un d’entre nous va cacher sous la neige. Les résultats de la pratique s’avèrent beaucoup moins probants que la théorie ! On s’offre un petit pèlerinage à la Chapelle du Chalvet des Borels. Et si nous avons un peu hésité avant d’entreprendre ce petit crochet qui majore de quelques centaines de mètres de dénivelée l’étape du jour, l’épisode délicieux que nous passons, installés sur les marches de l’édifice, véritable havre de paix ou antichambre du paradis, ne nous a pas fait regretter ce supplément d’effort.
Arrivée à Aiguilles qui fait presque figure de grande ville: achats de victuailles et de crème solaire 50+, un petit tour à l’agence « Destination Queyras » pour dire bonjour et donner de nos nouvelles  avant de trouver notre gîte “Yakavenir”.

Jour 3: D’Aiguilles (1505 m) à Saint-Véran (2040 m)

(montée 250 m, descente 400 m)

St Veran
St Veran

Journée un peu plus copieuse d’après le topoguide. Montée dans le mélézin ombreux en face du chemin parcouru la veille. De l’ombre au soleil. En direction de Prats-Hauts. Ensuite, notre sentier longe  un ancien (?) canal d’irrigation, effleure Gaudissart  avant d’aller accoster à Pierre-Grosse. Pique-nique confortable sur un banc sous un soleil prodigue et un ciel sans reproche.
Pierre-Grosse, hésitations, consultation du topoguide, boussole, GPS et bon sens.  Combinaison gagnante qui finit par nous dévoiler un chemin serpentant en forêt avant d’aller fricoter avec les pistes de ski. L’étape se termine dans de vastes étendues de neige striées du passage des skieurs et des dameuses.
Terminus  de l’étape: Saint-Véran, la plus haute commune d’Europe, dont la renommée a dépassé les frontières du Queyras. On sent que c’est une bourgade touristique, même si pour l’heure il n’y a pas énormément de monde (nous ne sommes pas en période de vacances scolaires).
Depuis deux jours, Bill fait une fixation sur les crêpes qu’il croit être une spécialité nationale. Il ne comprend d’ailleurs pas pourquoi je lui dis que c’est un dessert breton parce que dans tous les villages des Alpes et d’ailleurs, il y a des crêperies. On trouve notre bonheur dans un petit restaurant-musée.

Jour 4: De Saint-Véran (2040 m) à Molines (1750 m)

(500 m en montée, 200 m + 650 m en descente)

Croix du Curlet
Croix de Curlet


Descente tranquille vers le torrent de l’Aigue Blanche, avant de s’engager dans une superbe forêt de pins cembros et de mélèzes. Longue montée agréable. Il y a foule. Un groupe immense (ou deux groupes agglomérés) suit le même chemin que nous.  On se dépasse à plusieurs reprises à l’occasion des pauses. L’ambiance qui règne dans le groupe me replonge quelques années en arrière, du temps où je n’avais pas encore franchi la première marche qui conduit à la solitude. J’avais oublié ce qu’étaient les bavardages incessants…

De la crête de Curlet (2301 m) la vue sur Saint-Véran et les sommets est grandiose.
 De retour de la crête, flirtant aux frontières du sommeil, on paresse longuement dans une douceur absolument divine aux cabanes de Lamarron.
Descente facile jusqu’à Molines. “Afternoon tea” dans le village (hélas sans crêpe) avant de prendre la direction de notre gîte « Les Arolles »  caché dans le hameau de la Rua de Molines.

Jour 5: De Molines à Ville-Vieille (1450 m) par le sommet Bucher (2250 m)

(500 m en montée, 700 m en descente
)

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Église de Molines

Après un chemin bien tracé on se trouve confronté un éventail de traces qui comme toujours nous laissent le choix. La décision est dans ces cas-là, hasardeuse et pas forcément judicieuse. Les empreintes que l’on suit nous entraînent dans la neige profonde qui ralentit notre progression. Péniblement, on rallie le bon chemin mais les explications de notre topoguide divergent de la trace du GPS et des indications sur le terrain. Accordant notre confiance aux panneaux, on passe par le charmant petit refuge du « Clot l’Henri » avant de gagner le col du Pré fromage puis le sommet Bucher. Nous sommes au cœur d’un véritable paradis blanc où l’on s’abime dans l’admiration du panorama sur les sommets des Alpes.
On comptait manger là-haut, mais d’une part, il souffle un vent glacial et d’autre part, cinq minutes après nous, arrive péniblement le groupe que nous avions croisé la veille à la crête de Curlet. Envahissement qui nous pousse à redescendre pour aller installer notre restaurant à la Cabane du Clot l’henri. Mais à peine est-on assis, que le groupe déboule, s’empare de tous les espaces disponibles comme une colonie de criquets sur un champ de mil. On s’efface malgré leur invitation à rester où nous sommes et trouvons un petit banc à distance sous une ombre partielle. À l’abri du soleil, le froid reprend ses droits et nous commande de raccourcir la pause.
On redescend rapidement dans la vallée. La trace prévue nous fait revenir vers Prats-hauts et comme nous n’avons pas envie d’y retourner et d’arriver trop top à Ville-Vieille, nous improvisons une fin d’étape en nous appuyant sur les tracés de notre carte et les informations des pancartes. Le chemin choisi est plus long, accuse des dénivelées un peu plus sévères. Une partie du chemin, bien que correctement balisée, est fortement en pente et copieusement enneigée. Ce tronçon est un peu pénible. mais cahin-caha, nous gagnons une piste forestière qui nous ramène à Ville-Vieille, terminus de la randonnée.
Le ciel qui avait été magnifique pendant tout notre périple commence à montrer des signes de morosité, comme pour nous dire que toutes les bonnes choses ont une fin.

Col Pré Fromage
Col du Pré fromage

flocon

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