Une randonnée à sa convenance

« Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues… »  (Joseph Kessel)

La randonnée ne commence pas lorsque l’on endosse son sac et qu’on fait le premier pas sur le chemin. On dit qu’un voyage se fait en trois temps: le premier lorsqu’on le prépare, le second lorsqu’on le vit sur le terrain et le troisième quand on se le remémore.

Dès que l’idée de partir en randonnée germe dans la tête, des images dépendant de nos aspirations vont guider le choix des destinations ou/et de la configuration du parcours: mer ou montagne, randonnée itinérante en boucle, linéaire ou en étoile, etc.

Pour ce qui concerne la préparation, les randonneurs se classent en 2 catégories:

  • ceux qui ne sont pas intéressés par cette phase préparatoire et s’en remettent aux services d’une agence de trek qui propose des randonnées clé en main, parfaitement rodées. On marche en groupe (pouvant aller jusqu’à 15 ou 16 participants, ce qui génère beaucoup d’inertie) ou éventuellement selon une formule “Liberté”. Mais ne vous y trompez pas, c’est une liberté surveillée car de façon générale vous aurez peu de marge de manœuvre pour négocier votre parcours (sauf avec quelques rares agences qui peuvent s’adapter).
    Cet article ne s’adresse donc pas à cette catégorie de marcheurs.
  • ceux qui veulent prendre leur randonnée en main et la maîtriser de bout en bout. C’est d’ailleurs souvent après avoir plus ou moins longtemps pratiqué la marche avec des agences de treks et subi la lourdeur des groupes pléthoriques que certains randonneurs ont envie de franchir le pas pour se laisser l’entière liberté d’organiser leur séjour à leur convenance, en fonction de leurs aspirations et de leurs contraintes.

Si préparer sa randonnée tout seul se révélait être, il y a une vingtaine d’années une phase préliminaire assez compliquée et chronophage, on peut dire qu’à l’heure actuelle, avec les informations innombrables trouvées sur Internet, la plupart des randonnées peuvent s’organiser en quelques heures et quelques clics.

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Deux aspects sont à considérer lorsque l’on envisage d’organiser sa randonnée: les contraintes et les envies.

1. Les contraintes sont les paramètres peu ou pas modifiables comme:

calendrierla durée de la randonnée qui dépend de ses jours de congé. Il faut penser au temps pris pour se rendre du domicile au lieu de départ de la randonnée et à celui qu’il faut pour revenir chez soi. Comme les circuits commencent et/ou finissent rarement dans des villes bien desservies et en ligne directe avec son lieu de résidence, il faut, si le temps nécessaire aux transferts est important, que la randonnée soit suffisamment longue.

le budget qu’on peut lui consacrer. Outre la longueur de la randonnée, le coût est conditionné par le prix des hébergements avec ou sans restauration et du voyage (train ou avion) .
Les pays nordiques et la Suisse sont chers voire très chers. Les pays asiatiques (excepté le Japon), du Maghreb, d’Amérique centrale et Amérique du sud sont plutôt bon marché mais il faut ajouter le prix du voyage en avion.

bourseLes refuges sont les hébergements les moins onéreux: ils offrent les prestations les plus basiques. On peut même y préparer ses repas, ce qui représente une économie substantielle, mais il faut transporter sa nourriture. Les gîtes d’étape sont un peu plus chers et souvent (mais pas toujours!) plus confortables. Enfin, les hôtels et chambres d’hôtes sont de tarif et de standing variables. Si dans certains lieux on a le choix entre diverses formules, parfois ce n’est pas le cas et l’on est obligé de se résoudre à prendre des chambres coûteuses faute de trouver autre chose à distance raisonnable.
L’alternative à l’hébergement “en dur” est le bivouac, mais il faut investir dans du matériel de camping correct (tente légère, sac de couchage performant, réchaud, etc.)

la saison: pour les randonnées en France métropolitaine et en Europe en général, les périodes propices à la randonnée sont très larges dans les zones côtières, de plaine ou de moyenne montagne. Mais entre octobre et avril, il s’avère assez aléatoire de prévoir une randonnée itinérante en raison de la fermeture d’un nombre non négligeable d’établissements.
météoConcernant la haute montagne, les périodes permettant la randonnée pédestre (c’est à dire sans raquettes et sans skis) sont plus restreintes car la neige peut apparaître dès octobre (ou même avant) et rester jusqu’à la fin du printemps. Il est même assez fréquent de trouver début juillet des cols impraticables.
Pour les randonnées dans les autres parties du globe, il faut se renseigner au préalable sur les conditions climatiques locales: dans les régions tropicales, il existe des saisons des pluies, des moussons, des saisons chaudes, etc.

fatigueLa condition physique et l’endurance qui sont la résultante de caractéristiques physiologiques personnelles, de l’entrainement sportif, de l’âge, de la morphologie. Il faut cibler des randonnées qui soient en adéquation avec ses capacités. Certes, qui peut le plus, peut le moins mais l’inverse n’est pas vrai: une randonnée avec de fortes dénivelées pour un marcheur peu entraîné tournera rapidement au calvaire, de même qu’un parcours aérien et technique pour celui qui n’a pas le pied sûr ou qui a le vertige. Il faut donc connaître ses limites et ne pas être trop ambitieux pour une première randonnée.

2. Les envies qui motiveront le choix de l’itinéraire (dans la limite des contraintes exposées précédemment).

La randonnée doit satisfaire à des besoins et répondre à des attentes. En premier lieu la recherche du bien-être, d’une saine fatigue et d’une nécessité de lâcher prise sur la réalité du quotidien.
Mais pour y parvenir il faut trouver un cadre propice car randonner ne se résume pas au simple acte consistant à mettre un pied devant l’autre, sinon il suffirait de tourner autour de son pâté de maisons jusqu’à être fatigué. Le choix de la destination et de la configuration du parcours est une affaire personnelle. Diverses raisons nous amènent à porter nos choix vers tel ou tel type de circuits : les photos vues sur internet ou dans les livres, les reportages télé, les retours d’expérience d’amis, son propre vécu, une attirance naturelle pour des paysages particuliers, l’envie de découvrir des horizons nouveaux, d’autres cultures, etc.
Méfiez-vous des parcours qui font l’objet d’un battage médiatique: il ne sont pas forcément plus beaux (de nombreux tronçons du renommé chemin de Compostelle sont carrément indigestes) ou difficiles (le très beau GR®20 Corse qui n’est tout de même pas à la portée d’un débutant). Bon maintenant, si vous recherchez les chemins fréquentés et la compagnie d’autres randonneurs, c’est certainement un bon choix 🙂 .

Beaucoup de régions et de pays grâce à des acteurs locaux (départements, communes et associations) épaulés des moyens de communication modernes (internet) ont mis en œuvre une politique de promotion de la randonnée qui se traduit par la création et l’entretien d’un réseau plus ou moins dense de sentiers balisés, le développement de structures d’accueil et la publication d’une documentation fournie. Pour le commun des mortels, se fabriquer sa randonnée ne consiste plus à défricher le terrain mais à trouver le parcours qui correspond à ses goûts.

Le choix d’un itinéraire dépend de ce que l’on veut privilégier
  •  la performance sportive: ces randonnées évoluent en général en haute montagne et cumulent fortes dénivelées et temps de marche assez longs.
  • le contact avec la nature: le choix portera sur des chemins qui évoluent en haute ou moyenne montagne, près des côtes, ou en plaine loin des zones urbaines. On peut décider de suivre un cours d’eau (Loire, Allier, Rhin…), de faire le tour d’un lac, de suivre une vallée ou une côte (GR®34, GR®223…), de randonner dans un parc national ou régional, etc.
  • l’aspect culturel et/ou historique: ce sont des parcours jalonnés de témoignages de l’histoire comme les églises romanes, châteaux médiévaux (nord de l’Alsace, Périgord, châteaux cathares,…), fortifications et édifices de guerre (ligne Maginot,…). On trouve également de plus en plus de randonnées citadines (par exemple Paris qui est sillonné par 3 GR® intra-muros).
  • le désir de marcher dans les pas d’hommes célèbres ou d’anonymes exilés ou pèlerins (Chemin des bonshommes, Sur les pas des Huguenots, Chemin de Stevenson, pèlerinage de Compostelle, Assise, Rome…)
  • la découverte d’une région: ces parcours s’intitulent le plus souvent « tour de… » (Tour du Morvan, Tour de belle-Ile, Tour du Kerry…)
  • le dépaysement: Il parait évident qu’un randonneur qui se lance pour la première fois dans l’organisation de sa randonnée, ne va pas aller chercher des destinations complètement exotiques. Au cas, il où en aurait quand même l’idée, il vaut mieux au préalable se renseigner auprès du ministère des affaires étrangères sur les risques liés aux situations géopolitiques de pays situés dans certaines zones du globe. Si on veut vraiment être dépaysé et marcher en sécurité, on peut choisir d’aller dans l’un des magnifiques départements ou territoires d’Outremer, et notamment à la Réunion qui dispose de plusieurs sentiers de grande randonnée bien balisés, jalonnés de nombreux gîtes d’étape. Sans aller aussi loin, on peut envisager des randonnées dans des pays proches où le balisage est correct. Pour peu qu’on connaisse quelques mots de la langue du pays et l’anglais, ces randonnées se déroulent sans problèmes (Irlande, Écosse, Autriche, Allemagne, Suisse).
  • une grande traversée: (GR®5, GR®10, GR®20, GTA, Via Alpina, GTJ).

L’offre est tellement grande que l’on peut trouver sans problème un parcours “prêt à l’emploi” correspondant à ses souhaits si l’on prend le temps de chercher et que l’on fait preuve de curiosité.
On peut aussi, avec un peu d’imagination ou d’ambition, se concocter une randonnée personnelle en associant des tronçons d’itinéraires afin de constituer un parcours sur mesure.

Quelques pistes pour “construire sa randonnée”

Pour les randos hors de France
1. Sources internet

–  Si vous n’avez pas d’idée précise commencez par taper des mots clés dans un moteur de recherche (par exemple: Irlande + trail) de préférence dans la langue du pays que vous ciblez (trail, trek ou walking pour l’anglais; wanderung, treck pour l’allemand). Une multitude d’occurrences va apparaître. Il suffit de prendre le temps d’aller consulter les différents sites qui présentent des itinéraires qui vous sont inconnus et qui donnent souvent toutes les informations pour mettre sur pied un projet ( accès, cartes, détail des étapes, hébergements, photos, fichiers GPX).
–  Rendez vous sur les sites officiels des offices de tourisme d’un pays. Comme ce sont des sites qui présentent toutes les formes de tourisme, les renseignements concernant la randonnée sont souvent un peu perdus au milieu de toutes les informations.
–  Les sites d’internautes qui détaillent leur randonnée.

2. Un ouvrage intéressant Lonely planet Randos autour du monde

Il présente une sélection de treks de longueur différente dans des pays proches ou lointains. Les liens mentionnés permettent de trouver les informations sur internet.

Il existe probablement d’autres livres, mais je ne les connais pas.

 

Pour les randos en France

1. Site de la Fédération française de randonnée pédestre

Le site de référence de la randonnée française. Fournit toutes sortes d’informations et conseils.

Les rubriques suivantes me semblent intéressantes pour trouver une destination de randonnée:

“rechercher une rando”: cette rubrique propose des randos de quelques jours selon des critères que vous choisissez (mer, montagne, durée, saison).

“catalogue des topoguides”. On peut visualiser la totalité des parcours décrits dans les topoguides. Pour certains d’entre eux, les nombreux sentiers qui sillonnent un secteur permettent de créer sa propre randonnée.

Par exemple “Volcans et lacs d’Auvergne” offre de multiples possibilités pour faire une randonnée personnelle itinérante linéaire ou en boucle de longueur variable en panachant des bouts de sentiers (GR®, PR ).

2. Sites des offices de tourisme des régions ou des départements
3. Sites d’associations ou dédiés à un itinéraire précis

GTA, Via Alpina, GTJ,…

3. Sites des parcs nationaux ou régionaux
4. Sites proposant traces (fichiers GPX ou autres) et descriptifs d’itinéraires.

Les informations qui figurent dans ces sites sont fournies par des marcheurs internautes. La plupart des circuits proposés sont des randos “à la journée”. Il faut donc un peu chercher pour trouver des randos de plusieurs jours.

  • traceGPs (quelques circuits de plusieurs jours et des liens avec le site de l’auteur de la trace ce qui permet d’obtenir les renseignements complémentaires).
  • Randozone
  • Visorando
  • autres sites …. si vous avez des idées pertinentes, n’hésitez pas à m’en faire part, je complèterai l’article.
5. GR infos

Site qui recense tous les G®R de France et un grand nombre d’autres circuits, fournit la trace pour le GPS (par tronçons) et d’autres informations utiles.

6. Gîtes d’étape et refuges

On y trouve l’ensemble des structures d’hébergement de type refuges gardés ou non, gîtes d’étapes et auberges situés sur les grands parcours de randonnée.

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