Traversée du Jura en raquettes

Le jura c’est le pied… Voilà bien une réflexion de marcheuse. Je devrais dire le Jura c’est fait pour les piedEntre les Rousses et Bois d'Amonts. Ceux qui veulent aller loin, par tous les temps. Les pieds des marcheurs, équipés uniquement de chaussures, mais aussi de raquettes, de ski de fond ou de randonnée. C’est fait aussi pour les pieds des chevaux et des chiens de traîneaux. Et les roues des VTT. Enfin bref, pour tous ceux qui n’ont pas recours à des moyens motorisés. Non pas que le Jura ne soit pas fait pour les voitures, mais elles ne sont pas ma préoccupation.

Le jura c’est le pied en toutes saisons. Il suffit de s’équiper en conséquence. Raquettes ou ski l’hiver quand il y a de la neige. Cheval, vélo ou simples chaussures le reste du temps. Parce que chaque type de randonnée a sa route dédiée, traversant le massif en partie ou en totalité. Bien sûr les chemins hivernaux ne vivent que le temps de l’enneigement quand ils ne se confondent pas avec sentiers pédestres et disparaissent à la fonte des neiges.

 Balisage GTJLa GTJ (Grande traversée du Jura) en raquettes

Pour les amateurs de randonnées de plusieurs jours, c’est à ma connaissance le seul massif français qui offre de telles possibilités.

Les atouts

  • Itinéraire jalonné de plus de 150 km entre Métabief et Giron.
  • Nombreux hébergements ouverts en hiver permettant de faire des étapes faisables pour des raquetteurs moyens.
  • Parcours bien jalonné : piquets jaunes comportant parfois (mais pas systématiquement) un autocollant où figurent 2 raquettes rouges et le sigle GTJ, petits fanions jaunes suspendus aux branches avec la même signalétique.
  • Absence de danger (contrairement à certains secteurs des Alpes ou Pyrénées où l’on déplore régulièrement des accidents) puisque le parcours est tracé dans des zones dépourvues de risques d’avalanche.
  • Paysages somptueux traversant des biotopes variés.
  • Authenticité et simplicité loin du bling-bling et du tape-à-l’œil.

 Recommandations et conseils

  • Contrairement à ce qui est indiqué sur la documentation, la plus grande partie du parcours n’est pas damée. Le chemin est fait par le passage des randonneurs. Si vous avez la chance (ou malchance ?) d’être les premiers après de fortes chutes de neige, il faut faire la trace, exercice qui se révèle assez fatigant si la neige est lourde et collante. À plusieurs, on peut (non, on doit !) relayer l’éclaireur.
  • OLYMPUS DIGITAL CAMERAIl faut en théorie s’acquitter d’une taxe journalière. En dehors des vacances et sur les tronçons peu fréquentés, il n’y a personne dans les cabanes de péage. Sans chercher à frauder, nous n’avons payé que 2 fois ( à La Pesse et aux Rousses) car le départ est commun avec celui des skieurs.
  • On estime que la marche avec raquettes sollicite 30% d’énergie en plus qu’une marche sans raquettes. Par ailleurs,  en hiver, les jours sont courts. Comme on ne peut pas prévoir en organisant sa randonnée, la météo et la qualité de la neige (les conditions peuvent changer considérablement d’un jour à l’autre), il vaut mieux prévoir des étapes pas trop longues. 15 km semble être une distance raisonnable.
  • BellecombeLe parcours peut se faire dans un sens ou dans l’autre. Le sens conventionnel est de Métabief à Giron (nord – sud). Nous l’avons fait dans le sens contraire. Cette fantaisie a occasionné quelques difficultés pour trouver le chemin à Lajoux et aux Rousses car le balisage dans ces 2 localités était ambigu dans le sens où nous faisions cette traversée.
  •  Les cartes IGN du secteur ne sont pas de grande utilité car certains tronçons ne se superposent pas à des sentiers pédestres. Ils n’existent donc pas sur la carte. Il est préférable d’acheter le fascicule sur la GTJ raquette.
  • Cette traversée oblige à réserver les hébergements à l’avance. Il faut savoir que pendant toute la période des vacances scolaires d’hiver, il est très fréquent qu’un ou plusieurs hébergements du parcours soit complet. Il est souhaitable de placer la randonnée en dehors de ces périodes ou d’effectuer la réservation très à l’avance.

Liens

Le site de la GTJ (http://www.gtj.asso.fr/index.php) propose plusieurs documents, gratuits ou payants qui sont d’une grande utilité pour organiser sa randonnée en raquette. Deux d’entre eux me semblent indispensables http://www.gtj.asso.fr/no/menu-droite/boutique/liste-des-articles.html

  •  La GTJ à raquettes. Les dépliants gratuits disponibles dans les offices de tourisme sont un peu trop succincts. Il vaut mieux se procurer celui qui est payant.
  • Le guide des hébergements GTJ. Toutes les coordonnées des hébergements sont retrouvées sur le site.

Ce que nous avons vu

Gite d'OrvazCe que nous avons fait

  • Jour 1 : Arrivée à Giron en taxi depuis Bellegarde/Valserine. Il n’y avait pas d’hébergement disponible à Giron en 2015 aux dates qui nous intéressaient. Nous sommes allés dormir à 5 km de Giron à la Combe d’Orvaz. Gîte sympathique. Si l’on fait la GTJ dans le sens inverse du nôtre, arrivé à Giron, il est tout à fait possible de commander un taxi à Bellegarde.

Nuit à la Combe d’Orvaz : http://www.archeriedorvaz.com/accueil.php

  • Jour 2 : Giron – La Pesse

Ne voulant pas retourner à Giron depuis la Combe d’Orvaz, nous avons pris un parcours très joli mais un peu difficile passant sur la Roche d’Orvaz pour atteindre la Pesse.

Nuit à la maison de Teiss : www.la-maison-de-teiss.fr

  • Jour 3 : La Pesse – La Guienette

OLYMPUS DIGITAL CAMERASuperbe parcours varié sous un soleil splendide.

Nuit a l’auberge de la Guienette : http://www.laguienette.fr/

  • Jour 4 : La Guienette – Lajoux

Itinéraire traversant d’amples combes aux paysages très dégagés. Rencontre avec des attelages de chiens.

Nuit l’hôtel «La haute montagne» : http://www.hotel-de-la-montagne.com/fr/hotel-restaurant-jura-lajoux-site-officiel.php

  • Jour 5 : Lajoux – La Grenotte

Mauvaise journée pour nous. Départ problématique pour cause de balisage incompréhensible occasionnant une grande perte de temps. Pas de traces, neige lourde et collante. Vers 14h30, dans la forêt du Massacre (la bien-nommée !) constatant que nous n’avions pas assez avancé et qu’il nous était impossible de rallier la Grenotte en temps et en heure, nous sommes revenus à Lajoux où nous avons pris un taxi. Shame on us !

Nuit au gîte de la Grenotte : www.lagrenotte.com

  • Jour 6 : La Grenotte – Bois d‘Amont

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJusqu’aux Rousses, paysages évanescents et irréels absolument superbes. Aux Rousses, le balisage est inexistant. On part sur un autre parcours et après des hésitations et une erreur de plus d’une heure, on se résigne à suivre la GTJ à ski en restant sur la bordure damée par une motoneige. Peu avant Bois d’Amont nos jalons réapparaissent comme par miracle, nous confirmant que nous étions sur la piste pour raquettes à l’insu de notre plein gré !

Nuit à l’hôtel/gîte « Le montagnard » : www.gitelemontagnard.fr

  • Jour 7 : Bois d’Amont – La Combe des Cives 

Belle étape, variée qui traverse la forêt du Risoux, passe par le chalet Gaillard perdu en pleine montagne (où l’on peut manger et dormir) et la Roche Bernard qui offre un superbe point de vue sur les lacs des Mortes et Bellefontaine.

Nuit à la Maison de la Combe des Cives : www.combedescives.fr

  • Jour 8 : La Combe des Cives –Mouthe

Étape sans problème, souvent en forêt. Très ventée sur le plateau de Champvent (le bien-nommé !) avant Mouthe. Nous avons terminé notre randonnée devant la source du Doubs, mais il est possible de poursuivre jusqu’à Métabief.

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