Chemin de liberté, de Champagney à Bavilliers (14)

« Le monde en la conscience de ses humanités se trouvait à Champagney ce jour-là »

                                     (Patrick Chamoiseau – écrivain martiniquais)

 

Récit &

réflexions

On peut se demander pourquoi des villageois pauvres pour la plupart, si loin de la mer et des ports négriers, qui n’avaient jamais vu de près ou de loin le moindre noir, puissent avoir écrit dans un cahier de doléances en l’année 1789, l’article 29 rédigé en ces termes :

« Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme.

Ils ne peuvent se persuader qu’on puisse faire usage des productions des dites colonies si l’on faisait réflexion qu’elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n’accusent les Français de ce siècle d’avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien.

C’est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, de ces esclaves, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie. »

N’avaient-ils jamais vu un noir ? En réalité si. Certes un seul. Celui qui figurait sur le tableau de la nativité exposé à gauche du chœur de l’église de Champagney. Un chrétien venant glorifier le nouveau-né, un homme, – roi ou savant -, qui avait les mêmes valeurs qu’eux.

Encore a-t-il fallu qu’ils puissent être informés de la traite négrière et des conditions de vie des esclaves. Ce fut Antoine Priqueler, noble et officier de la garde du roi originaire de Champagney, proche de la société des Amis des Noirs, qui évoqua devant eux avec conviction le sort tragique des esclaves.

Ce cahier de doléances qui dormait depuis près de 2 siècles aux archives de Vesoul fut exhumé par J.R. Surateau (professeur à l’Université de Dijon) et mis en valeur par un historien local : René Simonin.

Les héritiers des signataires décidèrent d’honorer la mémoire de leurs aïeux, et sous le patronage de Léopold Sédar Senghor, alors président du Sénégal, en 1971 fut créé le mémorial du « Vœu de Champagney » qui prendra le nom de « Maison de la négritude et des droits de l’homme » : un double hommage qui va d’une part au président disparu, chantre des valeurs de la civilisation du monde noir, l’autre aux habitants de Champagney de 1789, véritables prémoniteurs des droits de l’homme.

« ils craign[ai]ent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, … ».

Et les générations futures ont-elles été réellement plus éclairées et plus philosophes?

(Extrait du fim « Amistad » de S. Spielberg)

 .

Topoguide

de l’étape (21,6 km)

Départ devant la maison de la Négritude et des Droits de l’homme. Prendre la Grand Rue qui passe devant l’église puis tourne à gauche avant d’enjamber la rivière le Rahin.

  • Prendre à gauche la rue des chênes, et après 150m, la rue des bruyères.
  • Un grand panneau disposé à un carrefour présente le « Circuit de Couas » balisé anneau jaune. Emprunter ce circuit dans le sens de la flèche jaune, en prenant le chemin des Couas qui part à droite du panneau.
  • Après un parcours de 2 km en forêt balisé anneau jaune (qui emprunte momentanément un petit tronçon de route), à la bifurcation située entre les étangs Lorence et de la Charpignole, prendre le sentier balisé triangle jaune qui rejoint la route D619.
  • Traverser la route  et prendre en face la D127 qui indique Etobon.
  • Après 500m, prendre à gauche le chemin balisé anneau jaune et le suivre sur 2 km environ.
  • Ce sentier débouche sur un pont qui traverse l’ancien canal de Haute-Saône. Après ce pont, suivre le large chemin qui reste globalement dans la même direction et 1,5 km plus loin environ, il débouche sur le chemin de la Noierie puis sur la rue de la Noierie.
  • Tourner à droite sur la rue des Barres (D619), la suivre sur 500m puis tourner à gauche rue des frères Voisin.
  •  Après 250m la route passe sous un pont sur lequel circulent l’ancien canal de Haute Saône et la piste cyclable.
  • Juste avant le pont, tourner à droite sur la petite route. A partir de là, on peut accéder à la piste cyclable par des petits sentiers improvisés par les randonneurs, grimpant le long du remblai.
  • Suivre la piste cyclable direction est (à droite).
  • Après 2,7 km, le canal s’enfonce dans un tunnel dont l’accès est interdit au public. Prendre la piste qui part à droite. Après 150m environ, un petit sentier qui grimpe fortement entre les arbres part sur la gauche de la piste. Il n’est pas balisé, mais il est bien dessiné. Après 500m environ de progression en forêt, il rejoint un chemin balisé triangle bleu.
  • Tourner à droite et suivre les balises triangle bleu jusqu’à Châlonvillars.
  • A Châlonvillars, possibilité de continuer vers Bavilliers (hôtel) et Belfort (gare) si l’on veut arrêter la randonnée ou poursuivre par le GR5 (voir paragraphe en dessous « Pour continuer le voyage »
  • Pour aller à Bavilliers, il faut traverser le village de Châlonvillars en suivant la rue de Chenebier puis la rue principale jusqu’à la nationale à proximité de l’auberge fleurie.
  • Tourner à droite et suivre la nationale sur 150m avant de prendre la coulée verte.
  • Suivre la piste cyclable sur un coté ou l’autre du canal (certains tronçons sont prévus uniquement pour les piétons) pendant 3,6 km. Après le parc de la Douce, rester sur le coté droit du canal et 800m plus loin, à Bavilliers, passer sur le pont du canal et prendre à gauche la rue de Belfort. Après 400m, se trouve un hôtel Ibis Budget.
Galerie de photos
Champagney - Bavilliers
 


Logistique

& cartographie

Hébergement et restauration

Sur le parcours:

  • Restaurant Auberge Fleurie 5, route Nationale, 70400 Châlonvillars ;  Téléphone : 00 33 (0)3 84 28 60 59 (restauration uniquement)

Pour dormir en fin d’étape :

  • Hôtel Ibis Budget 9 Rue de Belfort, 90800 Bavilliers
  • Au bout du champ – Chambres d’hôtes, 2 Impasse des Combes Salins 90800 Bavilliers. Téléphone : 06 08 48 34 65 /00 33 (0)3 84 28 45 49 contact@auboutduchamp.fr  (1km à l’ouest du canal)

Cartes :  IGN 3621 OT « Belfort-Montbéliard » au 1/25000e .

Temps forts

de l’étape

 Signataires du cahier de doléances
Signataires du cahier de doléances

Pour continuer le voyage:

Le dernier site faisant partie du chemin de l’abolition de l’esclavage est le Château de Joux dans le Haut-Doubs, mais l’ayant visité au cours de ma traversée du Jura sur le GR5,  je n’ai  pas refait le chemin.

Pour rallier le château de Joux , il faut à Châteauvillars prendre le GR5, vers le sud, chemin balisé blanc/rouge. En 7 étapes, il vous conduira au Château de Joux qui est assez proche de Pontarlier où il y a une gare.

Cartes/topoguides:

Solution la plus plus avantageuse et la plus pratique car le topoguide recense tous les hébergements du parcours.

Autre possibilité: se munir des cartes suivantes

  • IGN 3425OT « Pontarlier Levier Lac de Saint-Point »
  • IGN 3524OT « Morteau Saut du Doubs »
  • IGN 3621OT  » Belfort Montbeliart Héricourt »
  • IGN 3622OT «  Montbeliard Vallee du Doubs »
  • IGN 3623OT « Maiche Gorges du Doubs »

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *