Plaidoyer pour le « Randonner Léger »

Au cours de ma traversée en solitaire des Pyrénées en été 2009, j’ai rencontré tout au long de mon parcours de nombreux randonneurs. Certains ne faisaient que cinq ou six étapes, d’autres plus et enfin quelques rares comme moi faisaient le GR10 de bout en bout.

Et combien en ai-je vu plus chargés que des mules ! Quand ils me voyaient avec mon petit sac, leurs questions étaient toujours les mêmes :

  • Vous allez jusqu’où ?
  • Combien pèse votre sac ?
  • Mais, il ne vous manque rien ?

Eh bien, mon petit sac pèse environ 8-9 kg, et non, il ne m’a rien manqué. Je suis même arrivée à Banyuls, terme de la traversée sans avoir utilisé les vêtements chauds ou imperméables. Certes, j’ai eu la chance ni d’essuyer de véritables pluies et de gros orages ni d’être confrontée à un froid intense.

Il faut préciser que je ne fais pas de bivouac, ce qui par conséquent allège inévitablement le paquetage car dans ces conditions outre la tente, il faut prévoir un matelas, un réchaud, des victuailles, un duvet efficace, etc.

Ceux que j’ai vus le plus chargés étaient les hommes, généralement avec des carrures d’athlètes pratiquant régulièrement la randonnée à la journée, mais pas pour plusieurs jours. Sûrs de leur forme, ils ne se sont posé aucune question sur le matériel qu’ils emportaient dans leur sac à dos de 70 litres !

En revanche, ceux, et surtout celles qui n’ont pas une confiance excessive en leur capacité à transporter longtemps un sac pesant, ainsi que ceux qui ont l’habitude de la randonnée au long cours, sont plus regardants ou pragmatiques.

Dans les premières étapes j’ai ainsi vu plusieurs randonneurs abandonner. Les plus persévérants se sont délestés d’une partie de leur chargement à la première poste ouverte du parcours.

Combien ai-je vu de marcheurs trimballer tout le matériel de camping, pour ne jamais s’en servir ! Au cas où, disaient-ils.

De toute ma traversée, et de celle que j’ai effectuée l’année précédente dans les Alpes, jamais je n’ai regretté de ne pas avoir le matériel de camping. Sur les sentiers balisés, il y a toujours un gîte, un refuge, une cabane, un abri qui valent n’importe quelle tente, quitte à adapter un peu la longueur de l’étape.

Alors, il faut être cohérent avec soi-même : Si l’on veut se charger du matériel de bivouac, il faut le rentabiliser, c’est-à-dire faire le plus souvent possible du vrai camping et profiter de ses avantages c’est-à-dire établir un contact authentique avec la nature. Sinon, ce n’est pas la peine, on ternit le plaisir de sa randonnée inutilement.

A l’inverse de tous les randonneurs lestés à outrance, j’en ai rencontré un qui n’avait aucun vêtement de rechange. Mon sac est petit mais je ne suis pas minimaliste pour autant et je ne rogne ni sur la sécurité, ni sur la propreté. Pour m’alléger, j’ai dû faire preuve d’un peu d’organisation préalable et user de quelques stratagèmes (voir article Astuces & Sécurité).

Quelques randonneurs rencontrés m’ont demandé ma check-list, elle figure dans l’article Check-list pour randonner léger.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *