Via Alpina 2010: Étape 4, de Serre di Val d’Elva à Pontechianale

Samedi 3 juillet

7h20 : Séquence émotion

L’hospitalité italienne ne serait-elle qu’une légende ? Depuis que j’ai passé la frontière, si je ne peux pas me plaindre d’avoir été mal reçue dans les gîtes, je n’ai pas pour autant été subjuguée par un débordement de civilités. A Campo Base, le gérant qui était français n’a eu aucun scrupule à m’arnaquer… non, voyons les choses sous un autre angle, je reprends donc… a fait une malencontreuse erreur, certainement involontaire de quelques euros en ma défaveur. Entre compatriotes, il ne pouvait en être autrement ! A Ussolo, la cocasserie était d’une autre nature : j’ai surpris une mimique appuyée que la responsable du « Posto Tappa » faisait à sa collègue pour lui faire comprendre que ma venue non annoncée était inopportune. Il faut souligner qu’elle a dû se déplacer à l’autre bout du village, qui était loin d’être aussi étendu que Mexico, et cela à trois reprises puisque les groupes sont arrivés au compte-gouttes.

Hier soir, à Serre d’Elva, je me réjouissais de trouver une aubergiste francophone, mais apparemment elle devait avoir un quota de paroles à ne pas dépasser et quelques gerçures qui l’empêchaient de sourire.

Elle était un peu plus prolixe avec le groupe de randonneurs allemands ce qui peut se comprendre puisque du point de vue commercial, c’était évidemment une meilleure opération. En soi, cette attitude ne m’a pas dérangée. En revanche, ce qui m’a mis particulièrement mal à l’aise c’était cette façon qu’elle avait de réprimander en permanence et devant les clients la jeune africaine employée au ménage. Je ne comprends pas l’italien, mais c’est une langue suffisamment démonstrative pour que l’on en perçoive la teneur. J’ai eu mal pour cette fille qui ne répondait pas aux humiliations. Mais cette Thénardier se rendait-elle compte que c’est l’employée que l’on plaint, et la patronne que l’on blâme. Elle ne m’a pas parlé, tant mieux; j’ai eu l’impression ainsi de ne pas cautionner tacitement ce que je désapprouvais.

Petit matin ensoleillé. J’ai bouclé mon sac, je vais descendre prendre mon petit déjeuner et partir. Mais je repense à cette fille triste et silencieuse, qui m’a adressé quelques mots d’anglais hier quand elle est venue me montrer le dortoir.

Ce matin, je l’entends dans la salle de bain faire sa toilette. Je gratte à la porte vitrée. Elle m’ouvre, croyant probablement que je veux lui demander quelque chose. J’ai un peu préparé ma phrase, car je ne manie pas suffisamment l’anglais pour parler spontanément sans bafouiller. Je lui glisse dans la main un pourboire, en lui disant maladroitement et avec un accent exécrable : « I prefer that this money is for you; Not for the boss, It’s for your work”.

Lentement, elle pose ce qu’elle a en main et avec un grand sourire, me répond quelque chose que je ne comprends pas puis me prend dans ses bras pour m’embrasser. Comme on le ferait pour sa mère. J’en suis émue mais incapable de lui traduire mon ressenti. Je ne peux que bredouiller un répétitif “Mais c’est bien peu de chose ! It’s nothing”. Jamais encore un si petit geste ne m’aura valu tant de gratitude et je crois que ses remerciements vont plus au soutien que je lui manifeste qu’à ces quelques euros.

Elle m’a fait un bien beau cadeau : De tous mes souvenirs de randonnée, il restera le plus poignant et souvent, au cours de mon voyage, elle ressurgira de mes pensées pour me tenir compagnie quelques instants.

10h20 : Séquence déroutes

 Il est 10h20, je suis en pleine galère, pour la deuxième fois! Ça commence à faire beaucoup pour une seule matinée et c’est peut-être pas fini ! J’en ai ma claque, j’suis crevée, je nage dans mes pompes, encore la faute à ce connard de GPS ! Dommage qu’il m’ait couté si cher, parce que je serais prête à le piétiner !

Il faut avouer, que dès le départ les choses ne se présentaient pas sous les meilleurs auspices.

La carte et le road-book de la Via Alpina étaient muets sur l’itinéraire à emprunter pour gagner le Colle Bicocca depuis Serre d’Elva. Il existe deux chemins possibles, sur le papier.  Donc pour trancher, j’avais décidé de m’en référer au GPS qui détenait la vérité, à savoir la trace prise sur le site internet de la susnommée Via Alpina.

D’emblée, Monsieur m’a conseillé d’ignorer le sentier en crête qui n’est autre que la GTA et de revenir sur mes pas de la veille. Je ne me suis posée aucune question et contentée de « tracbaker » comme je sais le faire. Retour à l’oratoire d’hier, bonjour Maria, comment ça va depuis que nous nous sommes quittées ?

Là, j’ai vu un sentier remontant le long du torrent ; juste ce qu’il me fallait, puisque il était pilepoil sur la trace. Il ne pouvait pas être plus dessus.

… Sauf qu’au bout de deux cents mètres, c’était la forêt vierge. Impossible d’aller plus loin à moins d’être équipée d’une machette et d’un lance-flamme. Mince, quelle poisse, ça commence bien !

A ce moment-là je me suis dit : “Si j’avais su

  1. j’aurais gardé mon argent et ne me serais pas m’encombrée de ce truc, c’est un poids mort.
  2. j’aurais pris la GTA à Serre d’Elva, qui était bien balisée depuis le départ.

,Ça, c’était pour les regrets, passons maintenant aux projets. Et pour cela, ouvrons l’œil et réfléchissons. Comme la Via Alpina n’est pas un parcours en forêt amazonienne conçu pour les jivaros, il y a forcément un chemin ou quelque chose d’approchant à proximité. Pas à gauche, c’est le torrent, donc à droite, … ce qui impliquait de revenir sur ses pas pour en trouver le point de départ ou monter à quatre pattes dans les mottes de terre, les caillasses et les mauvaises herbes pour le rejoindre. Va pour la grimpette ! C’était bien raide, c’était bien boueux, donc c’était bien éreintant, et en plus c’était piquant, car sans les orties, ce plaisir n’aurait pas été total. A bout de souffle, je suis enfin arrivée sur une piste qui avait décidément une belle allure de Via Alpina.

… Sauf qu’elle n’était absolument pas balisée et qu’elle ne se superposait pas à la trace. Mais, – bon, passons ce détail, l’animal m’a déjà échaudée avec ce genre de problème -, comme elle s’orientait dans la bonne direction, et qu’il ne semblait pas y avoir un autre chemin plus haut, je m’y suis engagée. J’ai traversé successivement après quelques kilomètres, cachés en pleine forêt, trois hameaux à l’abandon, qui s’égrenaient sur un sentier vaguement indiqué et numéroté sur ma carte mais pas sur le terrain. Après Laurenti, la dernière poignée de maisons en ruine, j’aurais dû trouver un petit lacet pour gagner le col Bicocca.

…Sauf que le départ était introuvable. Je suis allée dans un sens, dans l’autre, scrutant le moindre piétinement d’herbe, le plus imperceptible soupçon de sillon. Rien.

Que faire ? A moins de revenir pratiquement au point de départ, je n’avais pas d’autre solution que de monter à flanc de montagne, traverser le champ pour gagner la GTA qui caracole sur la crête.

Me voilà maintenant à 10h20 au milieu de ce champ. Un véritable piège. Du bas, on croit à de l’herbe rase, on imagine des sentiers de traverse, on évalue la montée à une demi-heure.

…Sauf que ce n’est pas un pré à vaches, mais une pente boursoufflée de hautes touffes d’herbes coriaces et détrempées où je me tords les pieds et m’épuise à chaque pas. Je dois régulièrement me battre pour que ces tentacules qui ligotent mes bâtons lâchent prise. Mon pantalon mouillé jusqu’en haut me colle aux jambes. Pour diminuer l’effort que je dois fournir, je fais des traversées chaotiques.

…Sauf que les sentiers que je visais n’étaient que des replats gorgés d’eau où je glisse et m’enlise. Je baigne dans mes chaussures.

…Sauf que la demi-heure est passée et le haut de la montagne semble s’être éloigné. Alors épuisée, je me décourage, envisage de revenir au dernier hameau, mais quand je me retourne je vois avec effarement toute la dénivelée parcourue.

Il est 10h20, je suis en pleine galère, pour la deuxième fois! Ça commence à faire beaucoup pour une seule matinée et c’est peut-être pas fini ! J’en ai ma claque, j’suis crevée, je nage dans mes pompes, encore la faute à ce connard de GPS ! Dommage qu’il m’ait couté si cher, parce que je serais prête à le piétiner !

Je crie, je cingle de mes bâtons cette satanée végétation hostile, je me lamente, je me lamente et puis … progressivement toute cette colère m’apparaît si stupide, si stérile. N’y a-t-il rien de mieux à faire qu’insulter la terre entière, rendre responsable cet appareil qui se contente de répéter sans discernement, comme la majorité des gens, ce qu’on lui dit ? Reprendre son calme, par exemple, accorder au corps un peu de repos et examiner posément la situation.

Le cœur battant de l’exercice fourni, je m’assieds épuisée sur une pierre.

Je regarde ce que j’ai monté et combien de temps il m’a fallu. Si je redescends à Serre d’Elva pour prendre l’autre sentier, deux à trois heures me seront nécessaires. Impensable ! D’ici, la crête est certes encore loin, mais accessible. Il faut prendre son mal en patience, c’est tout. Et si ce soir je ne vais pas aussi loin que je l’avais prévu, par manque de temps ou de courage car j’ai déjà largement entamé le crédit de l’un et l’autre, tant pis, il faudra savoir renoncer.

Renoncer, Martine, pourras-tu un jour apprendre à renoncer sans prendre cela comme une défaite ?

Tout doucement, je me remettrai en route, un pas après l’autre, en dessinant un zigzag presque régulier. Je jetterai à la dérobée quelques regards pour mesurer mon avance. Enfin fatiguée, mais sereine, j’atteindrai en fin de matinée, le sentier de crête qui me semblera après cette pente éprouvante d’une facilité déconcertante.

Et peu de temps après, le paisible Colle Bicocca pour me dédommager de ma peine m’invitera à la merveilleuse et inattendue parade du majestueux massif du Viso qui me projettera dans l’étape suivante.

,14h30 : Don Giovanni

Ce gâchis de temps du matin m’a fait perdre la bataille contre l’orage qui a hâté ses préparatifs. De jour en jour, il avance ses offensives. Après le Colle Bicocca, je suis descendue rapidement à Chiesa de Bellino encore sous le soleil, mais en moins d’une demi-heure, le temps a tourné. J’ai débuté l’ascension du deuxième col dans une chaleur étouffante, sachant pertinemment que je n’arriverais pas en haut avant lui. Mais qu’importe, il n’y avait peut-être pas de pylônes sur le chemin, mais des petits points sur ma carte, gros comme des crottes de mouches qui étaient autant de granges ou de bergeries pour me protéger.

Ayant dépassé les Granges del Alpe, j’évaluai mon répit avant l’assaut à vingt ou trente minutes. Je pressai le pas.

Devant une maison, plutôt en bon état, un homme est attablé, prêt à entamer son repas. Il porte des chaussures de marche et son sac à dos est jeté contre le mur. J’ai vu sur la carte un “ricovero” dans les parages, ce que l’on peut traduire par abri ou refuge. Ce doit certainement être un randonneur, qui comme moi, veut échapper à l’orage imminent.

Transcrire nos échanges est un défi. Il parlait l’italien et savait dix mots de français. Et moi, l’inverse, disposant peut-être d’une toute petite longueur d’avance sur lui. Avec le recul, je n’arrive pas à imaginer comment nous sommes finalement arrivés plus ou moins à nous comprendre et plaisanter avec le peu de vocabulaire dont chacun disposait dans l’autre langue.

Depuis trois jours, j’ai fait quelques progrès, pas tellement sur le plan linguistique mais plutôt sur la rapidité à trouver des astuces pour m’exprimer. Quand je dialogue avec des autochtones monoglottes, je pratique une espèce de langage qui se compose respectivement de mots italiens que je connais et qui, pour nous français se retiennent assez aisément, de gestes évocateurs, de mots anglais universels, d’onomatopées et d’inventions estampillées Keller. L’invention « Keller » est un mot français auquel j’ajoute “i”, “o” ou “a” selon mon inspiration. Les résultats de ce procédé empirique, que j’évalue à la mimique de mes interlocuteurs, sont assez variables.

Et quand je suis à cours de ressources, j’introduis des mots de français avec l’espoir qu’ils soient compris, sachant que parfois la méthode est couronnée de succès,  les deux langues étant cousines germaines.

En plus, pour augmenter mes chances de me faire comprendre, j’essaie de mettre l’accent sur la bonne syllabe.

De temps en temps, à mes heures perdues, j’enrichis mon vocabulaire transalpin en consultant mon traducteur électronique avec un thème à la clé : une fois, ce sont les jours de la semaine,  une autre les nombres, ou des mots et leur contraire, etc.

  • Buongiorno !
  • Buongiorno !
  • Rifugio ? questionné-je en indiquant la maison d’un geste circulaire.
  • No !
  • Ah ! Euh … Casa …à vous ? dis-je en le pointant de mon index.
  • Si, Si !
  • Temporale vieni. Ce qui dans ma bouche veut signifier : l’orage arrive.
  • Si !

De façon chaotique, progressivement le dialogue s’installe. Il m’invite à m’assoir à sa table, m’offre de partager son repas, ce que je refuse pour ne pas le priver arguant que j’ai déjà mangé. Pour autant, secrètement je bave d’envie devant sa balle de Mozzarella délicatement ambrée d’un filet d’huile d’olive. Il débouche une bouteille, une bonne par du Chiravi en Chubi (n’oubliez pas que le Ch se prononce k), puis un café et pour finir l’incontournable Grappa. L’esprit-de-vin aidant, les propos vont bon train ; nos difficultés et nos mimiques pimentent nos échanges. On lève un petit bout de voile sur nos vies respectives : il s’appelle Giovanni, il est routier, il n’a pas de vaches (je le croyais paysan, après l’avoir imaginé randonneur), il habite un village de la vallée et vient passer le week-end ici. Contrairement à l’immense majorité de ses compatriotes, la déroute de l’équipe italienne au mondial ne l’affecte pas et le fait plutôt sourire. Je lui fournis à peu près autant de renseignements sur moi. Et à propos du football, je rajoute : « Squadra francese no buono, ma tre tre rigolo per me ! ». Il ne saisit sans doute pas le sens de la fin de ma phrase, les lamentables éclats de l’équipe de France n’ayant certainement pas retenti de ce coté des Alpes.

Galerie de photos

Serre d'Elva-Pontechianale
 

Brusquement, l’orage crève. En un tournemain, on débarrasse la table et on rentre la vaisselle et les bouteilles dans la cuisine-hangar-gourbi-garage-dépôt. Du pas de la porte, on regarde la pluie drue. Je lui dis, ou peut-être je mime, qu’après le grain, je me remettrai en route.

Il me fait comprendre gentiment, presque avec timidité que j’ai le temps, et que je peux même « dormiré » ici !

Ben voyons, Giovanni … Don Giovanni !

Les routiers sont sympas, et les routiers italiens encore plus, c’est rien de le dire, j’en ai la preuve !

L’espace de quelques instants, amusée, j’imagine dans ce capharnaüm cauchemardesque

… le striptease torride : mes lentes allées et venues lascives avec le déhanchement provocant qui sied. L’effeuillage où je me vois retirer en me trémoussant, avant de les faire tournoyer et de les lancer au hasard, les uns après les autres, d’un geste désinvolte, des lourds croquenots puants, des grosses chaussettes Décathlon mouillées (et certainement tout aussi parfumées), un pantalon barbouillé de boue, un tee-shirt fleurant la sueur d’une journée de marche et de poisse, et pour finir, clou du spectacle, des sous-vêtements catégorie sport du vieux campeur qui n’ont rien de très sexy.

… L’exhibition d’un bronzage style glace vanille/fraise.

… Et la nuit de débauche à suivre.

J’ignore sa réponse, c’est si pratique parfois de ne pas comprendre une langue pour se composer des stratégies d’évitement.

Du chemin qui descend du col, dévale, blotti sous un parapluie un couple de randonneurs accompagné d’un chien. Ils demandent asile le temps de l’averse. Ils s’installent, et le trio commence à discuter en italien, me laissant un peu à l’écart. Je ne reconnais dans des dialogues rapides que quelques mots. C’est insuffisant pour saisir le sens de la conversation qui tour à tour semble sérieuse ou légère. De temps en temps, l’un ou l’autre essaie de me faire comprendre de quoi ils parlent.

Puis la pluie semble vouloir faiblir ; les deux jeunes se lèvent pour prendre congé (Giovanni ne leur propose pas de rester “dormiré”, ou alors l’invitation m’aura échappée !) et je profite de ce moment pour, moi aussi préparer ma sortie. Restés seuls, je lui explique que je vais me remettre en route. Je crois comprendre qu’il me dit que l’orage n’est pas terminé, je le sais mais je ne veux pas entretenir de malentendus.

  • Reservare Posto Tappa Pontechianale (j’ai réservé une chambre au gîte d’étape de Pontechianale), ce qui est faux, je n’ai rien réservé, comme à mon habitude.

Il me répond par une phrase obscure où le seul mot que je comprends est « dormiré »

  • No, Grazie, Giovanni. No buono idea.

En désespoir de cause, il me montre l’herbe mouillée en me disant doucement quelque chose qui semble vouloir dire : Restez donc, vous allez avoir les pieds trempés. S’il savait à quel point l’eau a déjà depuis longtemps dépassé la ligne de flottaison !

Tristement il me serre la main, et à ce moment-là je regrette infiniment mes paroles, mes rires, mes familiarités qui ont peut-être malgré moi créé un quiproquo et entretenu ses illusions.

En m’éloignant, je sens, son regard dans mon dos et, par quelques regards discrètement lancés par-dessus mon épaule, je le verrai encore longtemps rêvasser sur le pas de sa porte.

17h : Au ricovero du Colle Battigliolla

Il avait raison, et je le savais. Hier déjà, l’orage m’avait joué ce vilain tour. Après un semblant d’apaisement, il avait redoublé, me trempant jusqu’aux os.

Je suis assise là, sur le rebord de la fenêtre de l’abri condamné, à moitié démoli, grelottant sous les assauts du vent qui pousse le rideau de pluie sur mes jambes. Il me faut attendre, car  monter au col sur ce versant hanté du spectre de quelques arbres foudroyés ne semble pas prudent.

20h : Diner à l’italienne

🙂  Si, si, c’est incontournable si vous voulez vous plonger dans l’ambiance ! 🙂

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Dan Dabadan Dabadan Dabadan bam bam bam bam. . . .

Je viens de poser pied sur une autre planète. Une planète envahie de familles et de groupes agités et bruyants qui gesticulent, qui sillonnent l’allée d’une grande salle, qui se disputent les tables dans un tintamarre abominable. Je rattrape les décibels de quatre jours de privation. Des conversations animées, des rires, des ordres lancés du comptoir, le bruit des chaises que l’on tire sur le carrelage, les verres qui s’entrechoquent, les assiettes qu’on dispose sans ménagement sur les tables alimentent un véritable maelström sonore, duquel émergent par bouffées les vocalises d’un Umberto Tozzi local relégué vers la porte d’entrée, accompagné des harmonies de son synthétiseur.

Dan Dabadan Dabadan Dabadan bam bam bam bam. . . .
Tu stiamo que stiamo la
c’e I’amore a cena e tu…

 Eh bien, la cena (dîner) n’est pas tout à fait comme que je l’avais imaginée ! Je pensais manger dans le calme d’un Posto Tappa presque vide ou en compagnie d’une assemblée réduite de randonneurs réservés. Au lieu de cela, je me retrouve installée en bout de table d’un restaurant bouillonnant où semble s’être donné rendez-vous tout ce qui réside à Pontechianale et environs.

 … dimmi si se ti va… (Dis-moi si ça te va)

 Dire que cela me va, serait peut-être un peu exagéré, mais je n’avais pas d’autre choix car le gîte ne proposait pas de repas.

…il mio letto e forte e tu
pesi poco piu deila gommapiuma…

Le restaurant a sorti le grand jeu pour s’attirer la clientèle : Ce soir c’est musique, pizza et bibitte pour 10€. (Bibitte, je le précise à l’attention des français égrillards pour couper court à tous les propos grivois, est une canette de soda ou de bière). Alors tout le monde est là pour ça, à part une marginale qui, pour se faire remarquer demande du minestrone et des pasta.

…tu perche tu non ci sei
e mi sto spogliando.
Tu quanti anni mi dai…

 Imperturbablement, le chanteur enchaîne les succès guimauve dans l’indifférence générale…
Je ne m’attarde pas. Laissant derrière moi cette effervescence toute italienne qui me parait si insolite, je regagne dans la nuit qui s’installe mon gîte pour replonger dans l’intimité de ma solitude silencieuse. (lire la suite)

…Canterò la pioggia
Perchè venga giù il vento che si calmi un po’
Il cielo perchè sia più blu
1

Etapes de Serre di Val d’Elva à Chiesa di Bellino et de Chiesa di Bellino à Pontechianale

  1. Je chanterai la pluie pour qu’elle ne tombe plus, le vent pour qu’il se calme un peu, le ciel pour qu’il soit plus bleu []

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