Les 21 lacs des Vosges : Le Ballon d’Alsace – Moosch (étape 7)

Une dernière étape menée tambour battant

Décidément, dès que je me hasarde vouloir dormir sur les sommets, les mauvais génies du ciel semblent vouloir se déchaîner. Pour les quatre nuits passées en altitude, les conditions météo auront été exécrables!

Il fait ce matin encore un temps à ne pas mettre un randonneur dehors: vent, froid, brouillard et pluie.

Lac d’Alfeld

 

Je sais que dès que l’on perd un peu de hauteur, on passe sous les nuages. Par ailleurs, la météo devrait s’améliorer rapidement, d’après l’aubergiste, il n’y a donc pas trop de raison de s’inquiéter.

L’objectif est de compléter ma collection de lacs et arriver à Moosch suffisamment tôt pour ne pas être obligée de rester une nuit supplémentaire à attendre le train de demain.

Dès que la forêt m’enveloppe, le froid recule et au bout d’une heure les premiers rayons de soleil commencent à filtrer par intermittence à travers la canopée.

Ce n’est que de la descente en forêt jusqu’au Lac de Sewen, tourbière paisible qui s’étire dans le sillon de la vallée. Impossible de l’approcher, ses berges inondées nous avaleraient jusqu’au genou. Je me contente de le longer par la route goudronnée jusqu’à rejoindre un petit sentier qui grimpe jusqu’au Lac d’Alfeld. Celui-ci est à ranger sous l’étiquette « lac de barrage ». Il ressemble d’ailleurs curieusement au Lac de la Lande ou d’Altenweiher et probablement, dans peu de temps, leurs images dans ma mémoire fusionneront.

Lac du grand Neuweiher

 

Une grande digue surélevée retient une masse d’eau inerte. Il n’est pas très photogénique, mais peut-être poissonneux car au loin, deux pécheurs entourés de nasses et de seaux, patientent en silence.

Je fais l’aller et retour sur la digue avant de repartir et remonter l’autre versant de la vallée qui fait face à la descente, l’adret qui se sèche sous un soleil de plus en plus assidu jusqu’au refuge Isenbach inoccupé où divaguent un tiercé de chevaux en liberté. Montée qui se poursuit encore vers le Haut Gresson. Passée cette éminence, on redescend, jusqu’à la ferme auberge du Gresson Moyen, où je ne m’arrête même pas, et pour finir aux Lacs de Neuweiher.

Deux lacs siamois, séparés par une digue que des engins s’appliquent à consolider.

Le grand est charmant mais égoïste. Il s’étend au pied d’un joli petit refuge, entouré de rives arborées agrémentées de saillies de pierre. Bordé d’une large plage de vase le petit Neuweiher, malade et assoiffé par son arrogant voisin qui ne lui concède qu’avec avec avarice un maigre filet d’eau, ressemble à une plaie qui suppure.

Je prends le temps de manger, installée dans le fauteuil de quelques rochers avant de reprendre ma montée jusqu’à la haute Bers, un secteur que j’ai surplombé hier par le GR®5 entre Rouge Gazon et le Ballon d’Alsace.

Avant que le pacte ne soit scellé, il me reste encore à aller à la rencontre du vingt et unième et dernier lac de ma tournée: le lac des Perches ou Sternsee.

Lac des Perches ou Sternsee
Lac des Perches ou Sternsee

 Le chemin doit passer un verrou naturel qui retient jalousement cette turquoise enchâssée dans son écrin de verdure. C’est pour moi l’un des plus beaux, comme tous ceux qu’on a laissé vivre en harmonie avec la nature. Ceux que l’on n’a pas contraint à donner leur eau ou leur énergie. Ceux que l’on n’a pas arrimé à une route d’enrobé et défiguré d’un parking. Ceux qui n’ont pas vu pousser des buvettes et abris de jardin pour pique-niqueurs en quête de confort et boissons fraîches.

Il s’appelait autrefois en dialecte « Lac des étoiles » (Sternsee), étrangement rebaptisé par des erreurs de traduction en lac des perches, usurpation qu’aucun pécheur ne vient légitimer. Je lui préférais son nom de naissance.

Il me faut à présent rejoindre Moosch, terme de ma boucle. D’abord par les crêtes jusqu’à Belacker par le GR®5, ensuite par des chemins qui s’abaissent régulièrement en forêt jusqu’en fond de vallée. Les derniers kilomètres n’en finissent plus.

Enfin les premières maisons de la bourgade…

La gare, l’horloge électronique du quai qui indique 16h53.

Je m’assieds pour attendre en compagnie de quelques voyageurs le train en direction Mulhouse annoncé pour 17h03.

Envahie de souvenirs et d’impressions, comme chaque fois qu’une aventure se termine…

glissePour les informations pratiques (parcours, organisation, hébergements, cartographie,…) cliquer ici

Le ballon – Moosch



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