Les 21 lacs des Vosges: Kruth – Le Ballon d’Alsace (étape 6)

Rendez-vous manqués…

Départ sans regret d’un gîte que je rayerai de ma mémoire; Entendre dénigrer en bloc, les élus locaux, les fonctionnaires avec un coup de griffe particulier pour les enseignants, assister à des discussions qui puent le racisme, me précipitent vers la sortie, me poussent à m’éloigner de ces propos boueux de fond de vallée. Je m’élève sur ces versants pour que l’altitude me lave l’esprit. Je monte longtemps en forêt, dépassant les cascades et la Chapelle Saint Nicolas à la croisée des chemins. J’attends avec toujours beaucoup d’impatience les aplats clairs de ma carte qui sont les espaces dégagés des forêts le plus souvent à proximité des crêtes. Libérée du cocon étouffant des feuillages, la vision infinie donne un sentiment de liberté incroyable. En ces lieux je ralentis toujours, pour me convaincre de l’illusion d’une distance plus grande et repousser le moment où il faudra que je replonge entre les barreaux des troncs et sous la voûte de verdure qui me prive du soleil. Ainsi je flemmarde à Langenbach et profite du col du Drumont pour m’installer et pique-niquer face à un pré rose et un troupeau de vaches.

Lac de la Schiessroth
Lac de la Schiessroth

La carte étalée sur les genoux, j’établis le programme de la fin de journée: Le GR®533 me conduira à Rouge-Gazon puis à la ferme auberge du Gresson Moyen dont j’ai pris soin de noter le numéro avant de partir et le jour de fermeture hebdomadaire. Au passage, j’effleurerai le lac des Perches et ceux de Neuweiher.

Chemin sans difficulté où je surprends peu avant le col de Bussang quatre chamois peu farouches.

A Rouge Gazon, je commence à envisager l’hypothèse que la ferme auberge du Gresson puisse être complète et je préfère m’en assurer avant de me lancer dans l’inconnu.

Coup de fil et c’est la consternation: non seulement elle n’est pas pleine, mais elle est exceptionnellement fermée aujourd’hui ! La machine se grippe, la chance du débutant tourne. L’improvisation et les décisions tardives ne font plus recette. Il est 15h30, il fait beau et j’ai encore envie de profiter du soleil. Rester dès maintenant à l’hôtel de Rouge Gazon où il y a certainement des disponibilités ne m’enthousiasme pas.

La serveuse me conseille d’aller jusqu’au Ballon d’Alsace où il reste une chambre à l’auberge: je dois changer mon fusil d’épaule.

Vers le Drumont
Vers le Drumont

Je voulais essentiellement emprunter des sentiers qui m’étaient inconnus, mais à présent je ne suis plus en mesure de faire la fine bouche. Il faut environ 3 heures par le GR®5, trajet le plus direct, pour y arriver. Plus question à l’heure qu’il est d’aller flâner autour des lacs. Contrairement à ce que dit l’adage populaire, je vais remettre à demain ce que je n’ai pas fait aujourd’hui.

Je m’élance sans concéder une minute de pause sur le chemin des crêtes, que je reconnais dans sa presque totalité. J’y retrouve même l’endroit peu avant le sommet du ballon d’Alsace où je m’étais évadée dans une impasse aérienne.

Le sommet me récompense d’une vue brumeuse sur les sommets enneigés des Alpes bernoises.

Précisément, après deux heures et demie de marche soutenue, je tambourine à la porte de l’auberge, fermée à double tour. A son arrivée, le patron surpris de me voir déjà là, se confond en excuse m’expliquant qu’il est allé chercher son fils à son apprentissage.

Pendant que je me désaltère au bar en compagnie d’Etienne, un autochtone sympathique qui connaît bien la montagne, Les Vosges et les autres, le ciel se fâche et les premières gouttes commencent à marteler les carreaux.

J’ai peut-être manqué tous mes rendez-vous avec les lacs, néanmoins, cette longue  journée n’en a pas été moins belle.(lire la suite)

glissePour les informations pratiques (parcours, organisation, hébergements, cartographie,…) cliquer ici

Kruth – Le Ballon


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *