Du ciel bleu dans les falaises de Graufthal.

Il fallait une sacrée dose d’obstination pour persister dans sa décision d’aller marcher dimanche dernier, mais peut-être plus encore pour braver une journée entière cloîtrée après une semaine de travail et de temps maussade.

On embarque en voiture, direction Graufthal. Au départ le ciel est couleur cendre, dix kilomètres plus loin, les flocons mouillés s’écrasent sur le pare-brise, et après Saverne les essuie-glace s’affolent.

On ne renonce pas mais on envisage un parcours à la baisse.

 » …Temps pluvieux sur toute la France, annonce le bulletin météo local. Mais dans les Vosges on paurra apercevoir un peu de ciel bleu au cours de l’après-midi. »

Nul n’est prophète en son pays, et les météorologues moins encore que les autres…

Parvenus au point de départ, le plafond est toujours aussi bas mais il ne pleut plus.

Graufthal blotti au pied d’une paroi de grès, suinte sous une humidité réfrigérante qui nous incite à nous mettre en marche sans tarder. Se dévoilant derrière de hautes bâtisses un petit morceau de ciel bleu protégé d’une rambarde et percé de portes et de fenêtres est enchâssé dans les bourrelets de la falaise de grès bois de rose. On y accède par un escalier taillé à même la roche.

On ne nous avait donc pas menti !

Habitations troglodytes de Graufthal

Énergiquement, nous nous lançons à l’assaut du GR53 qui se hisse entre les arbres jusqu’à Kohlthalerhof puis par un tronçon plus abrupt jusqu’au sommet coiffé de roches ruiniformes. Je connais ce chemin pour l’avoir parcouru en sens inverse au cours de ma traversée des Vosges. Même grisaille, même chuintement inlassablement répété de nos pas dans le profond tapis fauve de feuilles mortes. Mais aujourd’hui, quelques lambeaux lumineux de neige viennent rompre cette monotonie.

La Petite Pierre chevauchant un éperon rocheux surgit dans un fondu enchaîné des brumes de la vallée. Le gris du ciel s’est dissipé faisant place à des vapeurs instables qui laissent filtrer quelques rayons et apercevoir des parcelles éphémères de ciel.

La Petite Pierre

Le village est atone. Quelques restaurants déserts affichant des menus tentants attendent avec un espoir mesuré des clients éventuels.

On ne fait que passer, on enchaîne la descente par le GR532, une variante de variante , un ersatz de GR53 qui passe par le Rocher Blanc supposé nous offrir une vue sur La petite Pierre et qui aujourd’hui nous ouvre une porte sur le néant.

 

Brumes

Après un crochet à la curieuse Fontaine du Tonnelier Jacques, petite mare perdue au milieu de la forêt, le chemin s’affaisse en fond de vallée, retourne à l’humidité, dans le sombre, le gris, le triste se glissant entre les troncs longilignes des arbres décharnés jusqu’à un chapelet d’étangs endormis qu’il longe jusqu’à Graufthal.

Dire que c’était la plus belle balade que nous avons effectuée dans les Vosges serait mentir.

Mais la randonnée m’a appris qu’il ne faut pas renoncer trop facilement quand le temps et la nature se montrent sous un jour chagrin, car elle procure toujours du bien être.

Pendant que l’on marche et après …

****************************************************************************

Itinéraire « Entre Graufthal et La Petite Pierre »


Départ: Graufthal
– Graufthal – Kohlthalerhof- la Petite Pierre: GR53 balisage rectangle rouge
– La petite Pierre – Le Rocher Blanc – La fontaine du Tonnelier Jacques – Graufthal: GR532 balisage rectangle jaune
Arrivée: Graufthal
Total : 16 kilomètres;  Dénivelée: 570 m
Carte IGN : TOP25  3714 ET « La Petite Pierre » 1/25000e

Graufthal – Petite Pierre


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *