Crête des Vosges par les GR®5 : De Schirmeck à Barr (8)

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Eck., mardi le 14 mai

Mardi, lendemain de fête de la Pentecôte.
Mon cheminement progresse autant sur le terrain que dans ma tête. Mon moral flotte entre deux eaux, à mi-distance entre l’état normal et la mélancolie.
Dimanche 12 mai et lundi 13, le temps est splendide pour faire les deux étapes suivantes: Schirmeck – Le Hohwald – Barr.

Je prends le train à Strasbourg. Je suis impatiente de marcher, j’ai besoin de ma dose d’endorphines qui, je le sais me remontera le moral dès mes premiers pas. Je monte le chemin entraînée dans la cadence des musiques de mon baladeur. C’est la première fois depuis plus de six mois que je peux marcher en tee-shirt, quel ravissement de sentir la caresse du vent sur les bras !

Camp de concentration du Struthof

La chaleur de la semaine précédente a fait exploser la nature en une harmonie de verts: vert tendre des feuillus revenus à la vie mêlé au vert sombre des résineux immuables, vert lumineux des prairies où parurent des troupeaux, vert constellé d’une myriades de confettis jaune d’or des gerbes de genêts qui jaillissent sur le bord du sentier.

Je grimpe jusqu’au camp de concentration du Struthof, chemin de mémoire, hésite à y entrer, mais je n’ai pas envie de cette émotion-là aujourd’hui. J’y reviendrai exprès, uniquement pour me recueillir et penser à tous ceux et celles qui ont été, sont et seront victimes de la barbarie des hommes.

Je continue vers le Champ du feu, mais peu avant le champ du Messin, je perds les balises. Ma distraction m’oblige à affronter deux kilomètres de macadam avant de redescendre sur le Hohwald, terme de l’étape du jour.

Cascade du Hohwald

C’est une superbe petite bourgade proprette aux allures suisses qui est en ce jour de Pentecôte envahie de touristes.
Mario arrive en soirée. La fenêtre de notre chambre d’hôtel offre le panorama reposant d’un village paisible entouré de prés à vaches. Le repas est de qualité, le service soigné, l’ambiance pourrait être plus sereine si la salle n’était pas envahie de motards bruyants.
Soirée néanmoins agréable et petite pluie rafraîchissante pendant le repas.

Le lendemain, nous marchons ensemble près d’une heure et demie. Mario retourne chercher la voiture tandis que je continue vers le Mont Sainte Odile, plus fréquenté que la Place Kléber. Je fais un petit crochet par la clairière que de crash d’avion de janvier 1992, a dégagée pour accueillir les victimes unies dans la mort. Mais pour la sépulture de leurs proches, les vivants ont boudé ce petit creux de verdure dans l’immense forêt et se sont contentés d’y dresser une oeuvre de facture résolument contemporaine -les trois veilleurs- et une stèle.

Ensuite le sentier descend dans la forêt puis à travers les vignes jusqu’à Barr où je rejoins Mario
Fin de l’étape en début d’après-midi. Je suis arrivée à la moitié du parcours de la crête des Vosges, approximativement au kilomètre 215.


L’étalement de cette première partie de la Crête des Vosges, entamée il y a deux mois me laisse l’impression ambiguë d’y avoir passé beaucoup de temps et couvert peu de distance. (lire la suite)

Galerie de photos « De Saverne à Barr »

Saverne-Barr
 

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