Crête des Vosges par les GR®5 : De Saverne à Urmatt (5)

Eck, mercredi 12 mars

J’ai repris le chemin à Saverne, là où je l’avais laissé un mois plus tôt. Le temps est maussade mais des indices imperceptibles marquent l’arrivée timide du printemps, comme le trille matinal des oiseaux, les minuscules bourgeons vert tendre à l’extrémité des branches et les nids de pervenches aux châteaux du Nideck.

Coucher de soleil sur la chapelle St Léon
Coucher de soleil sur la chapelle St Léon

Mais l’hiver résiste avec ses 20 cm de neige au Schneeberg, le bien nommé.

Samedi 8 mars, montée au Haut-Barr par le sentier sylvicole, la Tour du télégraphe Chappe, le Grand et le Petit Geroldseck, la tour et la grotte du Brotsch, le hêtre Billebaum*, puis la Hardt et pour finir La Hoube. Je connais presque la totalité du trajet pour l’avoir parcouru à l’occasion de diverses balades. Je constate que même le week-end, les Vosges sont encore bien peu fréquentées à cette saison.

Mario me rejoint à l’hôtel « Les Vosges » de la Hoube complètement désert. La petite fenêtre de notre chambre nous offre un somptueux coucher de soleil sur l’église Saint Léon de Dabo. Nous mangeons en tête à tête, seuls dans la grande salle où les tables apprêtées attendent d’hypothétiques clients, sous l’œil morne de la patronne qui semble s’ennuyer ferme.

Dimanche, direction Urmatt. C’est une longue étape, presque huit heures sur le topo-guide. Mario m’accompagne jusqu’au col de la Schleiff et repart ensuite chercher la voiture. De mon coté, je poursuis vers Wangenbourg. Une longue piste monotone, surplombant la vallée d’Egenthal s’élève régulièrement jusqu’au col du Schneeberg. Et avec l’altitude, la couche de neige s’épaissit. Je repère le refuge où des braises finissent de se consumer dans l’âtre, pour pique-niquer et répondre à la dédicace qu’un collègue a laissée sur le livre d’or, le jour de son passage à Noël dernier. Je m’éclipse à l’arrivée d’un groupe de randonneurs. Je zappe ensuite la table d’orientation du sommet pour les mêmes raisons. Je n’ai jamais vu depuis le début de ma randonnée autant de marcheurs en si peu de temps.

La descente est encore longue jusqu’à Urmatt. Le chemin serpente dans la forêt, rejoint une piste bourbeuse, traverse la départementale, frôle les ruines des châteaux du Nideck avant de terminer sa course au pied de la cascade éponyme. Je croise ou dépasse ensuite des cohortes de promeneurs du dimanche.

Ma journée se termine par un chemin qui longe la Hasel jusqu’à Oberhaslach et coupe les prairies de la vallée de la Bruche.
Vers seize heures, j’arrive à Urmatt où m’attend Mario, revenu me chercher.

Photos de Saverne à Barr

Si je voulais faire un bilan aujourd’hui, je dirais que je vais incontestablement mieux sans pour autant affirmer que je vais bien. Mon moral oscille mais les périodes de découragement s’espacent et s’écourtent. Je sais que sur le chemin de la guérison, il me reste encore beaucoup de dénivelées avant de voir disparaître ces moments d’abattement desquels j’émerge plus ou moins rapidement. Mais pour l’heure, je suis convaincue que je ne ressortirai jamais indemne de cette dépression destructrice qui m’aura fragilisée à vie.

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