Crête des Vosges par les GR®5 : D’ Obersteinbach à Wimmenau (3)

Forêt vosgienne

Wimmenau, mercredi 13 février 2008

Je n’ai rien écrit hier-soir à Niederbronn. Me plonger dans la rédaction de mon journal, qui n’en est donc plus un !,  me demande un effort et la volonté m’a manqué. Pour moi, l’écriture n’est pas spontanée. Après une première ébauche, il me faut relire, réfléchir, corriger pour trouver le mot juste et remodeler le texte pour qu’il soit le reflet de ma pensée.

Je me suis abandonnée au luxe de la chambre d’un hôtel trois étoiles et j’ai consommé de la télévision jusqu’à une heure avancée de la nuit. Hébergement luxueux certes mais onéreux et impersonnel, essentiellement fréquenté par des hommes d’affaires en déplacement.

Madame Mathilde

Hier, au départ d’Obersteinbach, dans un coin du petit cimetière un ensemble de trois sculptures insolites attire mon attention. Je dois escalader le mur d’enceinte pour m’en approcher. Je n’aime pas beaucoup cet effet de groupe mais séparément elles sont magnifiques. Elles dominent une plaque, du bronze me semble-t-il, faisant office de pierre tombale. Un long texte sibyllin y est gravé en guise d’épitaphe.*
Le temps un peu couvert au départ se dégage vers onze heures.

Jusqu’à Niederbronn le parcours ressemble à celui de la veille : beaucoup de forêt, encore quelques châteaux forts en ruine dont j’ai oublié à présent les noms.
Peu de surprises sur le chemin aujourd’hui entre Niederbronn et Wimmenau à part un balisage perfectible qui m’a conduite à quelques erreurs logistiques rallongeant le parcours de deux ou trois kilomètres.

Je n’ai encore rencontré personne sur le chemin, je devine seulement de temps à autre la présence des forestiers à la pétarade de leur tronçonneuse.

Version imprimée ou à télécharger

J’avais avant le départ réservé la totalité de mes hébergements. Opération plus difficile que prévu car la majorité des gîtes est fermée à cette période. J’ai dû me rabattre sur les hôtels, quand il y en avait et s’ils étaient ouverts. Et précisément à Wimmenau, le seul hôtel est fermé. Renseignements pris à la mairie, de fil en aiguille, on me donne l’adresse d’une dame qui tient des chambres d’hôte dans son immense maison où elle vit seule.

Je suis arrivée assez tôt chez Madame Wolf, Mathilde de son prénom, dame fort sympathique qui m’explique que les chambres à louer à l’étage ne sont pas chauffées, en raison de l’absence de clients en cette saison. Me voilà donc installée dans la chambre de sa fille, utilisant sa propre salle de bain et ses toilettes. Le restaurant étant également fermé, elle propose même de me confectionner un dîner, qu’elle me sert dans sa salle à manger tout en me faisant la conversation. Elle me passe le film de sa vie: son enfance à la ferme, son emploi de femme de ménage à Paris qui explique son aisance en français dans un village où les habitants de sa génération ne parlent presque qu’exclusivement l’alsacien, son mari bûcheron mort d’une crise cardiaque, ses sept enfants… Cette discussion me ravit.

Le temps de cette journée était encore magnifique. Y-a-t-il un dieu pour les randonneuses déprimées ? (lire la suite)

Galerie de photos

Wissembourg -Saverne
 

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