Crête des Vosges par les GR®5 : De Metzeral à Thann (13)

Eck., lundi 9 juin

Ultimes kilomètres du projet initial prévu pour se terminer à Thann.

Mario m’accompagne pour ces deux étapes. Le temps n’est pas vraiment engageant, mais on ne peut reculer, car la réservation de la chambre à l’hôtel du Grand Ballon, arrachée de haute lutte ne peut être repoussée pour différentes raisons. Je sais que par mauvais temps le sommet disparaît dans le brouillard ; Tant pis, on doit se résigner à composer avec la météo.
Nous laissons la voiture à Colmar et là, nous prenons le train pour Metzeral.

Le parcours commence par un tronçon de route en fond de vallée pour rejoindre Mittlach où nous rattrapons le GR5 qui se hisse dans la forêt le long des pentes de l’Herrenberg. Au fil de notre ascension, le brouillard s’épaissit et quand on atteint la crête on n’y voit pas à plus de trente pas par moment. De ces chaumes, on ne voit rien. On imagine au delà de cet écran ouaté les grands espaces mais notre vue se limite au somptueux parterre de fleurs qui borde le chemin. Heureusement, cette fin de printemps nous gâte : arnica, pulsatilles, pensées violettes, mauves, jaunes ou panachées et renoncules.

Malgré le manque de visibilité le sentier se repère aisément; il est bien dessiné et correctement balisé, parfois même encadré de clôtures. On devine la présence des troupeaux au concert des clarines. Si des panneaux n’avaient pas signalé la ferme-auberge Huss, nous serions passés à coté sans la voir et pour les dernières dizaines de mètres, elle se signale par les arômes de collet fumé qui viennent nous chatouiller les narines.

Sur la crête

Philosophe, le jeune garçon qui nous accueille et nous sert, nous affirme qu’il fait toujours beau : le soleil leur amène des randonneurs et le temps gris, comme aujourd’hui est une bénédiction pour les pâturages qui fournissent une herbe grasse aux vaches.

Nous nous contentons d’un aperçu du repas marcaire qu’on nous propose en nous limitant à une soupe, une part de tourte accompagnée de salade et d’un dessert. Ce dernier est déjà de trop !
Cette ferme-auberge posée sur le flanc de la montagne, emmitouflée dans le brouillard me laissait croire qu’elle n’était là que pour les marcheurs, jusqu’au moment où un régiment de touristes allemands du troisième âge sorti d’un bus tout confort envahit la salle rustique et la transforme en hall de gare. Sauve qui peut !
Le jeune homme nous conseille un autre itinéraire et ne comprend pas qu’on s’obstine à emprunter le GR5, plus difficile et plus long.

Dans cet univers fini, on passe ainsi sans s’en apercevoir, différents petits sommets arrondis. Sans autres points de repère, seules les intersections du sentier avec la route des crêtes nous permettent de faire le point sur la carte. En reprenant aujourd’hui le topo-guide, je n’arrive pas à mémoriser les différents lieux traversés le cerveau n’y associant aucune image.

Le Markstein est sous la grisaille mais dégagé. C’est un semblant de station de ski, déserte pour l’heure, où s’enchevêtrent quelques tire-fesses, une piste de luge d’été et deux ou trois restaurants ou refuges.
Il commence à pleuvoir. Par la route d’abord, parce qu’on a raté le départ du GR5, puis par le sentier qu’on rattrape après un kilomètre ou deux, on gagne par une pente douce le col du Haag.
Un dernier raidillon d’une demi-heure qui franchit de nombreux pierriers, assez pénible en cette fin de journée nous amène au sommet du Grand Ballon au pied du monument des Diables bleus.

Après une courte descente, on arrive à l’hôtel où nous est réservée une « chambre randonneur ».
Dommage que ce gîte, transformé en hôtel confortable, propriété du Club Vosgien, promoteur de la randonnée ne soit plus vraiment conçu pour y accueillir des marcheurs : les chambres sont froides et rien n’est prévu pour faire sécher les chaussures et les vêtements.
Ce sera une soirée lecture pour moi et ballon rond pour Mario, « Euro 2008 » oblige, qui trouve une télé communautaire au rez-de-chaussée.

Après une nuit réparatrice et un petit déjeuner copieux, on attaque la deuxième étape du week-end plutôt facile puisqu’elle ne comporte aucune grande montée. Le temps s’est amélioré et l’on bénéficiera même pendant la journée de grandes plages de soleil.

Thann

Le GR5 emprunte pendant quelques centaines de mètres la route des crêtes, puis les pistes de ski, coupe ensuite à travers des champs de fleurs avant de pénétrer dans la forêt jusqu’à l’hypothétique château de Freunstein. A partir de là, on emprunte un parcours différent de celui que je connaissais, qui passe à proximité du cimetière du Vieil Armand et remonte à Molkenrain.

Je pensais l’avoir déjà parcouru en sens inverse du temps où je marchais avec Esther, une coéquipière avec laquelle j’avais partagé quelques randonnées. Mais en réalité, non seulement nous avions fait beaucoup d’erreurs, mais de plus nous avions suivi les conseils de quelques marcheurs qui avaient cru nous rendre service en nous conseillant un itinéraire plus court.

Arrêt pique-nique au refuge des « Amis de la Nature » où sont attablés dans une chaleureuse ambiance des groupes ou des couples de randonneurs détendus et gais.

La dernière descente en forêt est agréable sans être spectaculaire.

Arrivés à Thann nous croisons des cohortes de joyeux participants à une randonnée gastronomique, qui sillonnent les vignes et le village un verre à pied suspendu autour du cou. Sur la place centrale, la fête bat son plein: musique locale à tue-tête et stands de bière !

Sans trop attendre, deux trains successifs nous ramènent à Colmar où patiente notre voiture. (lire la suite)

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