Crête des Vosges par les GR®5 : De Châtenois à La Clausmatt (Ribeauvillé) (10)

La Claussmatt, mercredi 21 mai

Sculpteur sur bois de Tannenkirch

Pause de quatre jours avant de retrouver avec plaisir mon GR5 pour trois étapes consécutives.
Pour commencer la journée j’ai loupé le train à Strasbourg ; C’est sans importance, les jours sont longs, les correspondances ferroviaires nombreuses et l’étape plutôt courte.

Au départ, églantines, cerises vertes et enfants pétillants en balade.
Jusqu’à la montagne des singes, cachés derrière de hauts grillages, et le Haut-Koenigsbourg, épicéas, sapins et grands feuillus.
Au sommet, bataillons de touristes allemands occupés à déballer ou avaler leurs sandwichs, sur les traces de Guillaume II, initiateur de la restauration très controversée du château ou d’Erich Von Stroheim (à l’intérieur une plaque commémore le tournage du film  » la Grande illusion »).

Je laisse toute cette agitation derrière moi pour descendre sur Thannenkirch.

A l’entrée du village un vieil homme juché sur un escabeau est occupé à refaire une beauté à une vierge sculptée à même le tronc d’un vieux chêne. On fait un brin de causette, il me raconte l’histoire de celle que tout le village appelle Notre Dame des Bois, son métier de sculpteur, la relève assurée en la personne de son fils.
Tannenkirch, petit village de villégiature cossu, honore son artiste sans compter en exposant dans les rues et aux carrefours ses oeuvres que sont les balises, les panneaux d’accueil pour les visiteurs et la nymphe gardienne de la source…

Pépites d’or sur le bord du chemin

Le sentier descend plein sud vers les châteaux de Ribeaupierre et Saint Ulrich en ruine. Maintenant que les feuillus ont revêtu leur livrée printanière, le chemin s’est considérablement obscurci. La forêt semble très différente de celles que j’ai traversées dans les Vosges du Nord en février et pourtant on y trouve les mêmes essences !

Après Ribeauvillé, où je m’attarde une petite heure, j’abandonne pour quelques kilomètres les rectangles rouges, pour les croix bleues jalonnant avec parcimonie un chemin improbable qui débouche sur une piste conduisant à l’auberge de la Clausmatt.
Au milieu du chemin musarde un renard qui ne m’a pas entendue ni sentie arriver. Il flaire sans enthousiasme le sol, jusqu’au moment où il décèle ma présence. Et là, comme une flèche il détale dans les fourrés. Surprendre un animal sauvage au détour d’un sentier, dans des prés ou des bosquets est toujours pour moi un spectacle étonnant qui me ravit.

Version imprimée ou à télécharger

Je m’attendais à une ferme-Auberge. On peut considérer que s’en est une, mais elle est un peu singulière. Je découvre qu’elle est la propriété d’une association de Colmar « l’Espoir » qui accueille et accompagne des jeunes et des moins jeunes « cabossés de la vie » comme l’explique un article de journal exposé dans l’entrée. Une dizaine de résidents occupent les lieux. Leur travail consiste à soigner les animaux de la ferme, préparer les repas ou faire le service.
Aujourd’hui, le cuisinier et le serveur ne sont pas surchargés de travail, le repas est rondement mené, je suis la seule cliente. (lire la suite)

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