Chemin de Saint Régis: Strasbourg – Le Puy en Velay

Le Puy en Velay, jeudi 10 avril 2008

L’une des étapes les plus pénibles est sans nul doute, pour chaque randonnée celle qui consiste à rejoindre le départ du circuit. Pour rallier le Puy en Velay depuis Strasbourg, il ne m’a pas fallu moins de trois trains, dont deux accusaient un retard significatif, et un car. Au total neuf heures de voyage, tout autant que pour faire Roissy-Pékin en avion, quelle dilatation du temps !

Je pars de Strasbourg sous une pluie battante qui me rattrape au Puy. Je trouve sans difficulté le petit hôtel-bistrot où m’est réservée une chambre sans prétention, mais avec télé et lit confortable pour la somme raisonnable de vingt huit Euros.

Un des rituels des premiers soirs de randonnée, c’est le repérage du contenu du sac. Avant de partir, j’ordonne rationnellement vêtements, chaussures, trousse de toilette, pharmacie, livres, papiers, lampe frontale… en plaçant au dessus ce qu’il me faudra sortir en premier. Mais j’oublie la logique de mes préparatifs, et invariablement, je me vois obligée de tout sortir pour trouver ce que je veux. Ce petit manège se répète deux ou trois soirs, le temps d’apprendre à ranger mes effets toujours de la même façon et à mémoriser leur emplacement. Mais après quelques jours, je suis capable de sortir à tâtons, n’importe quoi sans vider le sac, les yeux fermés.

Je n’ai pas trop de mérite, mon sac est extrêmement petit, beaucoup s’en étonnent. Je suis une ayatollah du « marcher-léger ». N’étant pas une adepte du bivouac, je n’emporte ni tente, ni matériel de cuisine et mes pique-niques, en dehors d’un saucisson et de fruits secs, sont achetés au jour le jour. Dans les différents hébergements, je me sers de ce qui va m’être utile pour la journée, pain si je suis certaine de ne pas trouver de boulangerie sur le trajet, serviette, papier toilette… Comme je suis une marcheuse qui n’ai pas vocation à me prendre pour une bête de somme, je préfère laver mes vêtements chaque soir plutôt que de crouler sous ma garde-robe. Ne lésinant pas sur les prix qui sont en général inversement proportionnels au poids, j’ai opté pour des textiles légers qui sèchent rapidement. A part les chaussettes, le linge lavé de la veille est toujours sec le matin au départ de l’étape.

Le Puy en Velay: Ici on peut encore décider d'aller à Saint Jacques de Compostelle, mettre ses pas dans ceux de Saint Régis ou de Stevenson.

Le Puy en Velay: Ici on peut encore décider d'aller à Saint Jacques de Compostelle, mettre ses pas dans ceux de Saint Régis ou de Stevenson.

 

Au retour de ma première randonnée itinérante de plusieurs jours où j’avais été amenée à transporter intégralement mon paquetage, j’ai établi une check-list rigoureuse, éliminant sans pitié le superflu. Depuis, je m’en suis toujours inspirée. Elle ne varie guère ; dès lors qu’on dépasse deux ou trois jours de marche, la quantité de matériel est toujours la même.

Globalement, mon barda ne doit pas dépasser sept kilos, huit avec la gourde et contient des sous-vêtements et une tenue de marche complète de rechange, une tenue de soirée, enfin, n’exagérons rien, ni robe fourreau ni bas résille, mais pantalon et tee-shirt confortables, le sac de couchage de plumes et le drap de soie, un pyjama à tout faire, c’est à dire relativement chaud qui, le cas échéant peut servir de collant et sweat-shirt la journée, une trousse de toilette composée de l’essentiel pour une hygiène efficace mais sans fioritures, une petite pharmacie. Sur le haut du sac, polaire et veste gore-tex, accessibles rapidement en cas de froid ou de pluie. A cela il faut ajouter, un livre, un cahier et crayon et une lampe frontale indispensables pour meubler mes soirées et mes insomnies récurrentes. Et pour finir, les incontournables breloques accrochées au sac : boussole, altimètre, appareil photo et baladeur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *